Client MCP, serveur MCP, API, LLM : derrière ces termes techniques se cachent en réalité un fonctionnement relativement intuitif. Pour le comprendre, imaginons un utilisateur qui souhaite envoyer une carte postale à ses collègues depuis une ville qu’il ne connaît pas. Incapable de réaliser seul toutes les démarches, il confie la mission à un agent accompagné d’un majordome particulièrement bien informé.
L’utilisateur
Vous êtes visiteur de Marseille et souhaitez envoyer une carte postale à vos collègues. Malheureusement, vous ne savez ni où acheter la carte, ni où l’expédier, ni quelles informations seront nécessaires.
Vous sollicitez donc un agent spécialisé dans des démarches qu’on pourrait appeler de « vie courante ». Dans cette situation vous incarnez l’utilisateur de la solution, celui qui formule le besoin et fournit, lorsque cela est nécessaire, les informations ou validations complémentaires.
L’agent IA, le cerveau de l’opération
L’agent analyse la demande : « Envoie une carte postale à mes collègues. »
Pour exécuter cette mission, il doit comprendre qu’il lui faudra probablement :
- trouver un point de vente
- acheter une carte
- rédiger un message
- obtenir l’adresse des destinataires
- identifier un service postal
- demander l’expédition
Le LLM (Large Language Model) constitue le cerveau de cet agent. Il interprète la demande, raisonne sur les étapes nécessaires et orchestre le travail. Mais il ne connaît pas automatiquement tous les services de la ville et ne sait pas nécessairement comment les solliciter.
Le client MCP, le majordome
L’agent travaille donc avec un majordome propre à la ville de Marseille : le client MCP.
Celui-ci parcourt les différents services de la ville disponibles et consulte leurs « modes d’emploi ». Il remonte ainsi que :
- la mairie de Marseille permet de refaire un passeport, de changer d’adresse ou d’obtenir des informations touristiques ;
- la poste de la Cannebière permet d’envoyer une carte ou de recevoir un colis ;
- le tabac du Vieux Port permet notamment d’acheter une carte.
Le client MCP ne réalise pas nécessairement lui-même les opérations. Il sert d’intermédiaire entre le raisonnement de l’agent et les serveurs qui exposent les actions disponibles et desquels il a obtenu les informations précédentes.
Les serveurs MCP, les guichets de la ville
Chaque bâtiment (Mairie, Poste, Tabac) représente une base de données ou une application. Le serveur MCP associé agit comme un guichet capable d’expliquer :
- les services accessibles
- les informations à transmettre
- les résultats qui seront renvoyés
- les actions qu’il est autorisé à accomplir
Dans la métaphore, le serveur MCP du tabac expose l’action permettant d’acheter une carte, tandis que celui de la poste expose l’action permettant de l’expédier. Le serveur peut ensuite déclencher les appels techniques nécessaires vers le système sous-jacent.
L’importance de la validation humaine
L’agent a identifié une carte et préparé un message, mais il lui manque encore des informations. Il vous demande alors de valider l’achat et de fournir l’adresse de destination. Vous choisissez la carte, communiquez l’adresse et validez le message. L’agent peut ensuite orchestrer l’achat puis l’expédition.
Cet exemple met en évidence un principe essentiel : l’autonomie d’un agent n’interdit pas l’intervention humaine. L’utilisateur peut rester décisionnaire lorsque l’action implique une dépense, une communication externe ou une donnée manquante. En somme, c’est à vous de définir le niveau d’autonomie que vous souhaitez donner à l’agent en fonction de la sensibilité de l’action et du risque que votre entreprise est prêt à prendre… ou pas ! (pour creuser les questions de sécurité liées, voir mon autre article Avec les agents IA, un nouvel utilisateur entre dans le système d’information)
Ce qu’il faut retenir
Dans cette métaphore :
- Vous êtes l’utilisateur de la solution
- l’agent IA (doté d’un LLM) c’est le cerveau qui comprend et orchestre au sein de l’agent IA
- le client MCP traduit entre l’agent IA et les serveurs MCP
- le serveur MCP expose les actions possibles de façon standardisée
Ainsi, la puissance du MCP réside moins dans la création de nouvelles capacités que dans sa faculté à rendre les capacités existantes découvrables et actionnables par un agent IA.
