Gouverner les serveurs MCP : Sept règles pour passer du prototype à l’échelle 

Les protocoles MCP rebattent aujourd’hui (et hier déjà) les cartes en termes de connectivité des systèmes IA avec le système d’information (voir mon autre article MCP : le chaînon manquant pour accélérer les passages à l’échelle de vos agents IA ?). Ils permettent entre autres d’exploiter la pleine puissance des agents IA qui peuvent désormais décomposer un objectif, utiliser différents outils et enchaîner des actions sans intervention de l’utilisateur.

Deux questions se posent alors : est-ce intéressant pour moi ? Et comment fait-on pour le mettre en place ? 

Pour l’intérêt, il est tout trouvé : faciliter l’innovation interne en rendant plus facilement exploitable les données d’entreprise (voir mon autre article MCP en entreprise : quels gains et à quels coûts).  
Pour la mise en place, elle nécessite une certaine supervision : créer un premier serveur MCP est une chose ; déployer un écosystème de serveurs accessibles à plusieurs agents et équipes et en est une autre.

En effet, sans gouvernance, l’accumulation de connecteurs peut entraîner une prolifération des droits, des capacités redondantes et des flux difficiles à auditer, notamment dans les actions déclenchées par des agents IA (voir mon autre article Avec les agents IA, un nouvel utilisateur entre dans le système d’information). Le passage à l’échelle suppose donc de définir des règles communes avant que chaque projet ne construise sa propre interprétation du MCP. 

1. Définir des profils de capacités

Toutes les personnes et tous les agents n’ont pas besoin des mêmes droits. Il est alors nécessaire de construire des profils associés à des rôles précis.
Un profil d’analyste peut, par exemple, disposer d’un accès en lecture sur les données financières de l’ERP. Il serait malvenu de donner les mêmes droits au service de support de niveau 1 qui aurait plutôt besoin d’accéder aux logs de l’ERP.   

2. Limiter les scopes d’action

Chaque outil exposé doit correspondre à un besoin identifié. Un agent ne devrait pas recevoir des permissions étendues simplement parce qu’elles pourraient être utiles ultérieurement. C’est l’application du principe de moindre privilège : définir des scopes précis et de limiter strictement les droits de chaque agent au nécessaire.

3. Rendre l’authentification obligatoire

Toute connexion anonyme à un serveur MCP devrait être refusée. Une authentification centralisée permet de rattacher les actions à une identité, d’appliquer les politiques de droits et de révoquer les accès lorsque cela devient nécessaire. 

4. Isoler les environnements

Les serveurs MCP doivent être déployés sur des environnements dédiés, avec une exposition limitée et des accès réseau maîtrisés. L’isolation réduit la surface d’attaque et limite les possibilités de déplacement vers d’autres composants du système d’information.

5. Centraliser les logs

Toutes les actions importantes de l’agent doivent être tracées : outil appelé, moment de l’appel et résultat obtenu. Cette centralisation doit permettre de reconstituer le déroulement d’une session et de comprendre comment une action a été déclenchée.

6. Surveiller les comportements anormaux

Les logs MCP peuvent être intégrés au SIEM afin de détecter des comportements inhabituels ou répétitifs. Des règles d’alerte doivent être définies pour signaler les situations suspectes. 
La supervision devient d’autant plus importante qu’un agent peut réaliser plusieurs appels dans le cadre d’un même objectif.

7. Préparer la coupure et la validation

Un processus de coupure rapide doit être prévu et régulièrement vérifié. Les actions sensibles doivent également intégrer une validation humaine : envoi d’un message, création d’une transaction, modification d’une donnée critique ou lancement d’une opération irréversible par exemple. 

Une gouvernance à la fois technique et humaine 

La gouvernance MCP ne concerne pas uniquement les architectes et les équipes de cybersécurité. Elle implique également les développeurs et tout autre partie prenante aux projet (responsable de données, métiers…) ainsi que les utilisateurs. La formation des développeurs et des utilisateurs aux risques du MCP fait ainsi partie des bonnes pratiques à retenir pour sensibiliser les équipes aux risques liés à cette technologie.   

Ainsi, les protocoles MCP peuvent contribuer à rendre l’IA plus utile et mieux intégrée au système d’information. Leur valeur dépend toutefois du niveau de contrôle qui les accompagne.
Authentification, permissions minimales, isolation, surveillance, audit, arrêt d’urgence et validation humaine constituent les fondations d’un déploiement maîtrisé.